De quoi s’agit-il? Est-ce une malédiction, une bénédiction ou les deux? Le sentiment que l’espoir a disparu accentue notre désespoir. L’une des pires choses que l’on peut dire à une personne est qu’elle est sans espoir.

Nous disons avoir de l’espoir, mais ressentir du désespoir. Nous ne pouvons transmettre de l’espoir à une personne. En effet, la vie nous apprend que ce qui est de l’espoir pour une personne peut être ressenti comme un fardeau pour une autre. Autrement dit, ce qui me donne personnellement de l’espoir peut ne pas vous en donner. Notre défi à tous est de trouver notre propre conception de l’espoir.

La solution à ce concept trompeur d’espoir est de trouver un véritable sens à sa vie.

Nous pouvons en venir à croire qu’il n’y a plus d’espoir lorsque nous combattons l’accablement, la peur, le désespoir et l’apathie, mais ce sentiment vient parfois d’une compréhension de l’espoir qui est déformée par notre passé. Notre combat contre ces états d’esprit peut permettre de définir l’espoir d’une toute nouvelle façon.

Victor Havel a écrit : « L’espoir n’est pas la conviction que le dénouement sera heureux, mais la certitude que les choses ont du sens, peu importe le dénouenment. » [traduction libre]

L’expérience nous apprend que notre conception de l’espoir évolue avec nous. Lorsque nous sommes enfants, l’espoir, c’est ce qui nous rend heureux. Plus vieux, c’est un objectif, une vision, un rêve. L’espoir ne se réalise pas dans l’immédiat. C’est plutôt quelque chose que nous pouvons atteindre et non un état qui peut nous habiter au moment présent.

Dans nos périodes les plus sombres, l’espoir ne prend pas la forme d’un engagement total envers la foi et nos croyances; il peut simplement s’agir de la voix apaisante d’une personne qui semble déceler notre peur, de la certitude que le soleil sera là demain, de l’odeur de l’air frais après la pluie, des premiers flocons de neige ou de la photo d’un être cher. Lorsque le désespoir nous envahit, nous nous sentons déconnectés, isolés, perdus. Ce dont nous avons le plus besoin alors c’est de reprendre contact, de ne pas nous sentir isolés et de sentir que nous appartenons à un groupe. Cela peut être étonnamment simple ou très complexe. Ce qui importe c’est de trouver notre voie vers une raison d’être au « moment présent ».

Selon Ronna Jevne, qui a étudié la science de l’espoir : « Nous ridiculisons les personnes qui ont trop d’espoir. Nous hospitalisons celles qui n’en ont pas assez. L’espoir dépend d’une multitude d’éléments essentiels à la plupart d’entre nous. Ceux qui ont de l’espoir vivent plus longtemps. Aucune parole ne peut l’anéantir. La science l’a négligé. Une journée sans espoir est insupportable, mais une journée remplie d’espoir n’est pas synonyme de bonheur. » [traduction libre]

Si vous lisez ce texte, c’est que vous avez de l’espoir. N’essayez pas de comparer votre conception de l’espoir avec celle de quelqu’un d’autre. Ne vous laissez pas entraîner dans une confrontation du bien et du mal, de l’espoir et du désespoir, de ce qui en vaut la peine et de ce qui n’en vaut pas. Le seul type d’espoir qui aura un effet bénéfique est celui qui fait disparaître le besoin de se mesurer ou de se comparer à quelqu’un. Lorsqu’on arrive à comprendre cela, on éprouve et on dégage un sentiment de paix. Dans cet état d’esprit, nous entrevoyons la vie comme une expérience remplie de découvertes, de signification et de valeur.

Imaginez l’espoir comme une source d’énergie qui fusionne la vie et la mort. La vie prend alors une toute autre dimension, auparavant inimaginable. Mettre fin à sa vie n’est pas une option pour mettre fin au combat, car les difficultés de la vie ne sont pas sans fin. La vie est plutôt un mélange de défis et de forces. Il s’agit d’espoir radical qui tire souvent son origine dans un sentiment de désespoir. C’est une nouvelle définition de l’espoir, qui ne traite pas de bonheur, mais plutôt de richesse, de signification et de connexion. Cette définition est constamment remodelée et nous invite continuellement à chercher un sens à notre vie.

C’est ainsi que l’espoir devient énergie dans tous les défis de notre vie. Ce n’est pas de l’optimisme, mais plutôt la force de chercher et la capacité d’être réaliste.

L’espoir agace bon nombre de professionnels, qui sont formés pour savoir. Mais c’est à chacun de nous de faire une place à l’espoir. Nous pouvons nous ouvrir au mystère ou rester dans l’illusion de certitude.

Il existe de nombreux livres qui portent sur l’espoir, mais avant de vous y plonger, je vous invite à lire le livre de votre propre vie. Voici quelques questions qui pourraient vous aider à définir ce qu’est l’espoir pour vous:

  • Quelles sont les personnes que vous connaissez qui semblent le plus habitées par l’espoir?
  • Qui appelleriez-vous en ce moment pour vous aider à retrouver l’espoir?
  • Quelles sont pour vous les représentations de l’espoir? La musique, un parfum, un objet, une couleur ou autre chose?
  • Comment nourrissez-vous votre sentiment d’espoir? Que faites-vous pour le renforcer?
  • Qu’est-ce qui menace le plus votre capacité à avoir de l’espoir?
  • Selon vous, qu’est-ce qu’un faux espoir?
  • Vers quoi vous tournez-vous quand vous vous sentez désespéré?
  • Vous souvenez-vous d’une histoire d’espoir dans votre vie?
  • Quand vous fermez les yeux et tentez d’imaginer une image de l’espoir, que voyez-vous?
  • Qu’est-ce qui menace le plus votre capacité à avoir de l’espoir?
  • Si un enfant vous demandait de lui décrire ce qu’est l’espoir, que diriez-vous?
  • Êtes-vous une personne qui a de l’espoir? Qu’adviendrait-il si vous commenciez chaque journée en vous demandant ce que vous espérez pour votre journée? Qu’adviendrait-il si vous terminiez chaque journée en vous posant la question suivante : « À quel moment ai-je ressenti de l’espoir aujourd’hui? »

Si l’étude de la science de l’espoir vous intéresse et si vous voulez consulter des ressources sur le sujet, voici quelques liens pertinents: